De la CEC à la pratique : le déploiement de la RSE au sein du Groupe Pavillon Prévoyance

Février 2026

avec Maud Joubay, responsable RSE du groupe Pavillon Prévoyance

À la rencontre de celles et ceux qui font la RSE au quotidien !

Avec Derrière la RSE – paroles d’engagement, Aggelos va à la rencontre de responsables RSE qui cherchent à faire tenir ensemble leurs convictions, les réalités économiques et une ambition d’impact durable.

Dans un contexte d’urgence écologique et sociale, les entreprises ne peuvent plus en rester aux intentions. Cette série d’entretiens met en lumière celles et ceux qui incarnent la responsabilité au quotidien.

➡️​Derrière la RSE, paroles d’engagements

De la CEC à la pratique : le déploiement de la RSE au sein du Groupe Pavillon Prévoyance

Chaque échange révèle une manière d’agir, une cohérence, une trajectoire singulière.

Avec Maud Joubay, responsable RSE du Groupe Pavillon Prévoyance, la transition écologique ne se décrète pas, elle se tisse au quotidien à travers le lien social et l’engagement collectif. Une conversation sur la nécessité de donner du sens, l’importance de la co-construction et la conviction que la transformation d’une entreprise centenaire passe avant tout par l’humain.

Une mutuelle centenaire en pleine mutation

Eloi Choplin : Pourriez-vous nous présenter le périmètre d’activité du Groupe Pavillon Prévoyance ?

Maud Joubay : Le Groupe Pavillon Prévoyance s’appuie sur une mutuelle girondine de plus de 100 ans, issue d’une union de mutuelles communales. Face à l’évolution du marché avec l’Accord National Interprofessionnel (ANI), nous avons élargi notre modèle pour proposer une protection à 360° autour du dirigeant, de ses proches et de ses biens. Nos activités couvrent désormais :

  • La protection santé et la complémentaire.
  • La retraite et la prévoyance via des cabinets de courtage.
  • L’assurance IARD pour les flottes de véhicules et les actifs industriels.
  • L’immobilier axé sur l’achat, la revente et la rénovation patrimoniale.
  • La gestion de patrimoine pour accompagner le dirigeant en tant que personne.
  • L’événementiel professionnel au Château à Carignan de Bordeaux.

Un parcours RH au service du sens

Eloi Choplin : Quel cheminement vous a menée à prendre en charge ces enjeux de transition ?

Maud Joubay : J’ai travaillé durant 15 ans dans les Ressources Humaines, notamment sur les relations sociales à Paris. Suite à la crise du Covid, j’ai ressenti le besoin de retrouver du sens face à une pratique devenue trop administrative et juridique. J’ai repris un master en transition écologique et solidaire pendant deux ans, avec des expériences dans la gestion des déchets et l’accompagnement de créateurs d’entreprises à impact. Ma compréhension du fonctionnement économique m’évite aujourd’hui de détacher la RSE des enjeux du modèle économique : il faut faire rentrer de l’argent avant d’imaginer d’autres solutions ou pour pouvoir les intégrer.

Le déclic de la Convention des Entreprises pour le Climat (CEC)

Eloi Choplin : Où en était la démarche RSE du Groupe lors de votre arrivée ?

Maud Joubay : Une première feuille de route existait, principalement axée sur le réglementaire comme la gestion des déchets ou les risques professionnels. Le véritable sursaut climatique et environnemental a été provoqué par la participation de notre direction générale à la CEC en 2023-2024. Parallèlement, l’anticipation de la CSRD a imposé le besoin d’une ressource dédiée pour piloter la conduite du changement et le reporting. Dans le secteur de la santé, nous savons qu’anticiper par la prévention finit toujours par payer.

10 engagements pour une transition concrète

Eloi Choplin : Comment se structure concrètement votre stratégie aujourd’hui ?

Maud Joubay : Nous avons défini une stratégie RSE articulée autour de 3 piliers et 10 engagements. Elle s’incarne notamment à travers plusieurs leviers :

  • La montée en compétence : Un parcours e-learning ludique de 7 minutes par mois pour l’ensemble des salariés.
  • Le soutien au commerce : j’interviens sur les rendez-vous commerciaux pour répondre aux questions des clients et éviter tout risque de greenwashing.
  • Le reporting volontaire : nous réalisons un rapport annuel basé sur la version simplifiée (VSME) pour structurer notre collecte de données.
  • L’intégration opérationnelle : ma présence en amont des projets, comme la refonte du site internet ou les cahiers des charges.
De la CEC à la pratique : le déploiement de la RSE au sein du Groupe Pavillon Prévoyance

Mobiliser par le collectif et la co-construction

Eloi Choplin : Comment parvenez-vous à engager durablement les collaborateurs ?

Maud Joubay : Nous avons créé une communauté d’ambassadeurs réunissant des volontaires au siège et dans les filiales. Le succès repose sur la transversalité : nous avons lancé des groupes de travail où les salariés choisissent leurs thématiques, comme l’amélioration de la santé des adhérents. Ces moments ont permis aux équipes de mieux se connaître, de résoudre des problèmes de flux internes et même de se révéler devant la direction via des présentations originales ou des scénettes.

Créer du lien plutôt que de la contrainte

Eloi Choplin : Comment gérez-vous les freins ou la lassitude face aux sujets climatiques ?

Maud Joubay : Dans un contexte de charge de travail élevée, certains collaborateurs se coupent de l’actualité mondiale pour se protéger. Ils peuvent voir la RSE comme une sanction ou un sujet lourd. Pour garder la pêche, ma priorité est de créer du lien. Je m’appuie sur mon expérience chez American Express pour construire mon réseau de manière informelle. Je mise sur la proximité : discuter autour d’une chicorée, organiser des dégustations d’alternatives (comme le café de sarrasin !) ou des déjeuners thématiques. Mon but est que ces sujets soient tellement intégrés que ma fonction n’ait plus besoin d’exister

« Mon but ultime est que ma fonction n’ait plus besoin d’exister« 

Le mot de l’intervieweur

En transformant des enjeux complexes en projets collectifs et joyeux, Maud démontre que la réussite d’une stratégie RSE ne réside pas seulement dans les indicateurs de reporting, mais avant tout dans la qualité des liens tissés entre les collaborateurs. Une approche par la « chicorée » qui prouve que la transition est avant tout une aventure humaine.

Voir toutes les références
Vous avez une idée ? Un projet ?
Contactez-nous