Pour la 9e année, l’équipe d’Aggelos a accompagné l’EFAP Bordeaux dans la conception, la préparation et l’animation de la Nuit de la crise. Cet exercice immersif place les étudiants dans une situation professionnelle sous tension, avec une crise à gérer en temps réel, des informations qui arrivent progressivement, des livrables à produire et une conférence de presse à tenir face aux étudiants de l’EFJ Bordeaux.

Pour cette édition 2026, nous avons imaginé le scénario, structuré le déroulé pédagogique, rédigé les contenus de crise, préparé les documents remis aux étudiants, coordonné la mise en œuvre de la soirée, accompagné le corps enseignant et participé à l’encadrement des groupes pendant l’exercice.
L’objectif était clair : faire vivre aux étudiants une crise crédible, intense et utile pour leur apprentissage. Pas un cas théorique. Une situation à gérer dans l’urgence, avec des informations incomplètes, des rumeurs, des médias, des réseaux sociaux, des interlocuteurs multiples et des décisions à prendre.


Un scénario 2026 autour de l’IA, des objets connectés et de la protection des données
Le scénario de cette 9e Nuit de la crise EFAP portait sur GreenMind, une entreprise internationale fictive spécialisée dans les objets connectés nourris à l’intelligence artificielle.
Son produit phare, le DoudouBot, est une peluche robotisée équipée d’une IA générative. Elle est conçue pour accompagner les enfants et les personnes âgées. Pour les enfants, elle joue le rôle d’un doudou interactif capable de dialoguer, raconter des histoires et rassurer. Pour les personnes âgées, elle peut tenir compagnie, stimuler la mémoire et accompagner certaines routines du quotidien. Le support produit préparé pour l’exercice présentait le DoudouBot comme « plus qu’une peluche, un membre de la famille », avec une application permettant de suivre les interactions et de communiquer à travers le robot.



La crise démarre lorsqu’un journaliste tech révèle une fuite de données massive. Des images captées par les caméras intégrées dans les yeux des DoudouBot se retrouvent diffusées en ligne. Certaines images montrent l’intérieur de domiciles et concernent potentiellement des enfants. Très vite, l’affaire prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux. Un contenu de type Instagram, attribué dans l’exercice à HugoDécrypte, annonce que des images captées par les robots ont fuité et que des milliers de familles pourraient être concernées.
La crise se complexifie ensuite. Des rumeurs apparaissent sur de possibles fuites de conversations, des risques de surchauffe, des piratages permettant à des personnes extérieures de parler aux enfants à travers le robot, ou encore des effets psychologiques sur les plus jeunes. Le scénario prévoit aussi un point de bascule : une indiscrétion interne révèle que le groupe connaissait certaines failles techniques et aurait retardé le déploiement d’un correctif pour ne pas perturber les ventes.

Une progression pensée comme une vraie courbe de crise
Nous avons construit le déroulé selon une montée progressive. Les étudiants ne recevaient pas toutes les informations au départ. Ils découvraient la crise au fil des enveloppes, comme dans une situation réelle où les faits arrivent par fragments.
La première phase permettait de comprendre GreenMind, son produit, son succès et sa promesse. La deuxième installait un premier signal faible autour d’une possible fuite de données. La troisième faisait basculer la situation dans une crise publique, avec la diffusion d’images d’enfants en ligne.
La suite du scénario amenait les étudiants à gérer l’amplification médiatique, l’intervention d’associations, les rumeurs, les prises de parole sur les réseaux sociaux, puis la révélation interne qui transformait la crise technique en crise éthique.
Cette construction permettait de travailler un point central de la gestion de crise : la nécessité de hiérarchiser. Tout ne se traite pas au même niveau. Une rumeur, un fait confirmé, une interpellation médiatique, une information interne sensible ou une demande de la direction ne se gèrent pas de la même manière.


85 étudiants placés sous tension pendant 4h30 !
Les étudiants en communication étaient répartis en groupes de 6 à 7 personnes. Chaque groupe incarnait la direction de la communication de GreenMind France.
Pendant la soirée, ils devaient organiser leur cellule de crise, répartir les rôles, produire un premier communiqué de presse, préparer des éléments de langage, répondre aux réseaux sociaux, formuler des messages clés, proposer une posture, construire une recommandation stratégique et préparer une sortie de crise.
Chaque livrable répondait à une étape précise du scénario. L’exercice ne demandait pas seulement de “communiquer”. Il demandait de comprendre, vérifier, prioriser, décider et assumer une ligne.
C’est ce qui rend cette opération particulièrement formatrice. Les étudiants sont confrontés à une crise où la réponse ne peut pas être uniquement défensive. Ils doivent tenir compte des familles, des enfants, des personnes âgées, des médias, des autorités, des collaborateurs et de la direction.

Une conférence de presse avec les étudiants de l’EFJ Bordeaux
La Nuit de la crise prend une dimension très concrète grâce à la participation des étudiants de l’EFJ Bordeaux. Les étudiants jouent le rôle de journalistes et interrogent les groupes de communication lors des conférences de presse.
Ce moment est un temps fort de l’exercice. Les étudiants doivent prendre la parole, répondre à des questions difficiles, garder une posture claire et éviter les contradictions. Un document de guidelines leur rappelait les principes essentiels : informer sans aggraver, dire uniquement ce qui est confirmé, reconnaître les faits, ne pas spéculer, adopter un ton calme et maintenir une cohérence stricte entre les intervenants.
Ce passage à l’oral change la nature de l’exercice. Les étudiants ne produisent plus seulement des documents. Ils doivent incarner une position. Ils doivent faire face à la pression, aux relances, aux zones d’incertitude et aux questions sensibles.

Une opération qui relie communication, pédagogie et mise en situation
Notre accompagnement ne se limite pas à l’écriture d’un scénario. Nous concevons une expérience pédagogique complète.
Cela implique de construire une crise crédible, de créer les contenus remis aux étudiants, de doser la montée en tension, de prévoir les livrables, de coordonner les temps de passage, d’accompagner les enseignants et de participer à l’encadrement des groupes.
La qualité de l’exercice tient à cet équilibre. Le scénario doit être assez réaliste pour immerger les étudiants, assez structuré pour rester pédagogique, et assez intense pour les obliger à s’organiser rapidement.
Avec GreenMind, les sujets travaillés étaient nombreux : intelligence artificielle, objets connectés, cybersécurité, protection des mineurs, surveillance domestique, données personnelles, vie privée, responsabilité internationale et communication sous pression.

Pourquoi nous aimons cette opération
La Nuit de la crise montre que la communication ne se résume pas à produire un message. Elle oblige à écouter, comprendre, vérifier, décider et coordonner. Elle montre aussi que les mots ne suffisent pas lorsque la confiance est atteinte. Il faut des actes, des preuves, une méthode et une posture.
Nous aimons aussi ce format parce qu’il place les étudiants dans une situation active. Ils ne regardent pas une crise de l’extérieur. Ils la vivent. Ils ressentent la pression du temps, l’incertitude des informations, la nécessité de travailler en équipe et l’importance d’une parole claire.
C’est aussi pour cela que nous accompagnons l’EFAP sur la Nuit de la crise depuis 9 ans. Chaque édition permet de traiter un sujet différent, mais le fond reste le même : former les étudiants à penser juste, décider vite et communiquer avec responsabilité.

Une 9e édition ancrée dans les enjeux actuels
Cette 9e Nuit de la crise EFAP a permis d’explorer un sujet très contemporain : la confiance accordée aux technologies du quotidien.
Le DoudouBot est pensé pour rassurer. Il accompagne, dialogue, veille et crée une présence. Mais dès lors qu’un objet connecté entre dans l’intimité des familles, il pose des questions majeures. Qui capte les données ? Qui les protège ? Qui peut y accéder ? Que se passe-t-il lorsqu’une faille est connue mais pas corrigée assez vite ?
Ces questions sont au cœur des crises d’aujourd’hui. Elles croisent la technique, l’éthique, le droit, les usages et la communication.
C’est ce qui a rendu cette édition particulièrement riche. Les étudiants ont dû comprendre qu’une crise ne se résout pas seulement par une prise de parole. Elle se résout par une capacité à faire le lien entre les faits, les publics concernés, les décisions à prendre et la manière de les expliquer.