La Région Nouvelle-Aquitaine explore le rétrofit BioGNV des trains X73500 pour réduire les émissions sur les lignes non électrifiées. Ferro 233 a réuni quatre acteurs clés pour analyser les enjeux techniques, économiques et territoriaux de cette transition.
Aggelos a accompagné la conception, la production et l’animation de cette émission pour structurer la discussion et rendre le sujet accessible.
Ce qu’Aggelos a réalisé
- préparation éditoriale de l’émission
- coconstruction du déroulé et des séquences
- production technique de l’émission en direct
- coordination des messages entre Région, filières et industriels
- animation par Eloi Choplin
Ferro 233 : un espace de réflexion pour les transitions ferroviaires
Cette émission était consacrée à la décarbonation du parc des autorails X73500 en Nouvelle-Aquitaine. Un sujet à la fois technique et stratégique, qui touche à la durabilité du matériel ferroviaire, à la souveraineté industrielle et à la transition énergétique.
Elle n’est qu’une étape de réflexion partagée au sein du Think Tank FERRO233, dont la vocation est d’éclairer et d’écrire des trajectoires ferroviaires durables.
À l’invitation de la Région Nouvelle-Aquitaine, cette émission s’inscrit dans le cadre du projet de rétrofit des X73500 au BioGNV, au cœur des enjeux de décarbonation du transport ferroviaire.
Une solution de transition : le rétrofit BioGNV des X73500
Un parc vieillissant et une urgence à agir
Les rames X73500 arrivent en fin de vie dans moins de dix ans et fonctionnent encore au gazole.
La Région Nouvelle-Aquitaine possède une cinquantaine d’unités de ce type. Aucune solution prête à l’emploi n’existe aujourd’hui pour les remplacer rapidement.
Passer ces rames au BioGNV permet :
- de prolonger leur durée de vie de 10 à 15 ans,
- de réduire l’empreinte carbone,
- de stabiliser les coûts d’exploitation.
Ces éléments ont été présentés dans l’émission par Matthieu Kurzenne, Ingénieur à la Direction des Transports Ferroviaires de Voyageurs de la Région Nouvelle-Aquitaine
Un potentiel technique confirmé
Les études ADEME indiquent que le rétrofit BioGNV est techniquement compatible avec les X73500 :
réservoirs intégrables sous les rames, autonomie suffisante, et adaptation cohérente avec les caractéristiques des lignes régionales. Séverine Rengnet, Directrice Générale FERROCAMPUS et coordinatrice du Think Tank FERRO233 était le Rapporteur de cette étude de l’ADEME dans l’émission en remplacement de Jérôme Poyet.
Pierre Montauzé (Chef du Projet BioGNV Nouvelle Aquitaine-Occitanie, Direction Marché d’Affaires Sud-Ouest de GRDF) est revenu sur la maturité de la filière BioGNV dans le transport routier et sur l’intérêt d’étendre cette technologie au ferroviaire. Les infrastructures d’avitaillement existent déjà en partie, avec des exemples opérationnels dans la région, notamment à Limoges.

Du technique au territorial : une énergie ancrée dans les ressources locales
La cohérence avec la feuille de route NéoTerra
La Région voit dans le BioGNV une solution réaliste pour accompagner la transition, sans attendre des technologies encore immatures.
Le rétrofit s’articule avec NéoTerra : prolongation des usages, réduction de l’empreinte carbone, valorisation des ressources locales.
Matthieu Kurzenne a rappelé que la Nouvelle-Aquitaine est la première région agricole et forestière de France, avec plus de 76 000 exploitations. La production régionale de biométhane crée un lien direct entre le monde agricole, l’énergie et la mobilité ferroviaire.
Une filière industrielle en mouvement
Jean-Jacques Mogoro (Directeur Industriel de la Fédération de Industriels du Ferroviaire) a souligné la nécessité d’une logique système :
le fret, les voyageurs et les engins de chantier peuvent converger vers une même technologie de transition.
La filière doit disposer d’une visibilité suffisante pour se structurer sur plusieurs décennies.
Des coûts d’exploitation maîtrisés
Séverine Rengnet a présenté les résultats économiques :
par rapport au gazole, les trains au bioGNV affichent un TCO inférieur de 8 à 25 % pour les trains régionaux, et jusqu’à 55 % pour le fret.
La hausse prévue du prix du GNR rend cette trajectoire encore plus crédible.
La stabilité du coût du BioGNV apporte une meilleure prévisibilité budgétaire pour les Régions.
Le rôle d’Aggelos dans cette émission
Structurer un sujet complexe
L’émission traite d’un ensemble dense, une véritable complexité d’abondance :
- étude ADEME,
- contraintes budgétaires,
- adaptation technique,
- stratégie régionale,
- logique industrielle,
- enjeux agricoles et territoriaux.
Aggelos a structuré ce parcours pour passer des constats techniques aux perspectives stratégiques.
Faire dialoguer les acteurs
L’émission a réuni :
- Matthieu Kurzenne – Ingénieur, Direction des Transports Ferroviaires de Voyageurs, Région Nouvelle-Aquitaine
- Jean Jacques Mogoro, Directeur Industriel de la Fédération de Industriels du Ferroviaire
- Pierre Montauzé, Chef du Projet BioGNV Nouvelle Aquitaine-Occitanie, Direction Marché d’Affaires Sud-Ouest de GRDF
- Séverine Rengnet, Directrice Générale FERROCAMPUS et coordinatrice du Think Tank FERRO233 – Rapporteur de l’étude de l’ADEME
Chaque prise de parole a été introduite de manière à valoriser l’expertise tout en gardant un fil narratif simple.
Pourquoi cette émission était importante
Cette émission sert un objectif clair : rendre intelligible un sujet technique, en montrant que la décarbonation ferroviaire n’est pas un slogan mais un ensemble de décisions concrètes.
Elle rappelle aussi que la transition se joue à plusieurs niveaux :
- le matériel roulant (X73500),
- l’énergie (BioGNV),
- le territoire (biométhane local),
- l’industrie (filière intégrée),
- la stratégie régionale (NéoTerra).
Ce qu’il faut retenir, c’est un engagement collectif : vision régionale, pertinence environnementale, cohérence économique. La transition ferroviaire ne peut se penser que de manière systémique. Le rétrofit BioGNV s’impose comme une solution de transition solide, au service d’une trajectoire plus large.
Ferro 233 poursuivra ce travail d’analyse et de dialogue.