Scénographie d’exposition au musée de Samadet

À Samadet, dans les Landes, le musée de la Faïence et des Arts de la table accueille une exposition temporaire consacrée à la représentation photographique du repas en France. Appelée Manger à l’œil, cette exposition retrace une histoire visuelle du repas, depuis l’invention de la photographie jusqu’à aujourd’hui.

Aggelos a accompagné le musée dans l’adaptation de cette exposition à son espace temporaire, avec une mission complète :

  • conception de la scénographie,
  • réalisation
  • montage.

  • Le projet s’inscrit dans une relation de travail suivie avec le musée, puisqu’il s’agit de la quatrième exposition temporaire accompagnée par l’agence.
Scénographie d’exposition au musée de Samadet

Adapter une exposition à un lieu existant

Le musée de Samadet dispose d’un espace d’exposition permanente et d’un espace d’exposition temporaire. Pour accueillir Manger à l’œil, l’enjeu était d’adapter une exposition déjà créée à Marseille à un autre lieu, avec ses dimensions, ses contraintes et son propre parcours de visite.

L’exposition est construite en six parties. Elle suit une progression chronologique, de l’invention de la photographie à la période contemporaine. Cette structure devait trouver sa place dans l’espace disponible, sans perdre la lisibilité du propos ni l’équilibre entre les différentes sections.

Adapter une exposition ne consiste évidemment pas seulement à déplacer des contenus. Il faut repenser leur implantation, organiser la circulation, créer des repères, ajuster les volumes et donner à chaque partie une identité claire. Le visiteur doit comprendre le fil chronologique, tout en entrant dans des ambiances distinctes.

Scénographie d’exposition au musée de Samadet
(c) Thibault Toulemonde – Dpt 40

Réutiliser une scénographie existante

L’un des enjeux forts du projet était la réutilisation de l’architecture scénographique de l’exposition précédente. Aggelos avait déjà conçu et réalisé cette précédente exposition temporaire, consacrée à un céramiste. Le musée souhaitait réemployer autant que possible les éléments existants.

Cette contrainte a guidé la conception. Il fallait conserver une base, tout en évitant de donner aux visiteurs l’impression de revoir le même parcours. La précédente exposition était organisée en quatre grands chapitres. Manger à l’œil en comporte six. Il a donc fallu fermer certains espaces, en ouvrir d’autres, déplacer légèrement des éléments et redéfinir la logique de circulation.

Ce travail permet de prolonger la durée de vie des matériaux et des structures. Il impose aussi une vraie précision de conception. Réutiliser ne veut pas dire reproduire. L’objectif était de créer une exposition nouvelle à partir d’un socle existant.

Scénographie d’exposition au musée de Samadet
(c) Thibault Toulemonde – Dpt 40

Une ambiance colorée pour révéler les photographies

Le parti pris graphique et scénographique repose sur une utilisation forte de la couleur. Chaque section thématique dispose de sa propre couleur, soit six couleurs au total.

« Ce choix permet de structurer le parcours. Il aide le visiteur à distinguer les différentes périodes et les différents ensembles. Il donne aussi une nouvelle présence aux photographies exposées, dont une grande partie est en noir et blanc. »Gilles Goussin, plasticien, chef de projets scénographie

La couleur ne vient donc pas seulement habiller l’espace. Elle accompagne la lecture. Elle crée un rythme. Elle permet de renouveler l’ambiance de l’exposition, tout en valorisant les images. Cette approche était d’autant plus importante que le projet reposait sur une base scénographique déjà utilisée.

Scénographie d’exposition au musée de Samadet
(c) Thibault Toulemonde – Dpt 40

Travailler avec le musée et les commissaires

La réussite du projet repose aussi sur le dialogue entre les différentes parties prenantes, toutes interdépendantes dans la réussite du projet. Aggelos a travaillé avec le musée de Samadet, sa responsable, ainsi qu’avec les trois commissaires à l’origine de l’exposition.

Cette coordination était nécessaire pour adapter le projet sans le dénaturer. Les commissaires portaient le contenu scientifique et le fil de l’exposition. Le musée connaissait son espace, ses publics et ses contraintes. Aggelos devait traduire ces éléments dans une scénographie adaptée, réalisable et cohérente.

Scénographie d’exposition au musée de Samadet
(c) Thibault Toulemonde – Dpt 40

Une exposition temporaire inscrite dans la durée

L’exposition Manger à l’œil a ouvert le 24 avril 2026. Elle restera visible jusqu’à fin novembre 2027, avec une coupure pendant l’hiver 2026-2027.

Cette durée longue, donne au projet une place particulière dans la programmation du musée. La scénographie devait donc être pensée pour durer, tout en gardant la souplesse d’une exposition temporaire. Les choix d’aménagement, de couleur et de circulation devaient permettre une visite claire, agréable et renouvelée.

Pour Aggelos, cette mission illustre une approche concrète de la scénographie :

  • partir d’un contenu existant,
  • composer avec un espace donné,
  • réemployer des structures déjà fabriquées,
  • créer une nouvelle expérience de visite.

  • Le projet montre qu’une exposition peut évoluer sans repartir de zéro, à condition de travailler avec précision l’ambiance, la circulation et la lisibilité du propos.
Scénographie d’exposition au musée de Samadet
(c) Thibault Toulemonde – Dpt 40

Ce que cette démarche permet

Avec Manger à l’œil, le musée de Samadet accueille une exposition qui dialogue directement avec son identité. Dans un musée consacré à la faïence et aux arts de la table, le sujet du repas trouve une résonance évidente. La photographie apporte un autre regard sur les pratiques, les représentations et les imaginaires liés à la table.

La scénographie accompagne ce dialogue. Elle donne à voir l’histoire photographique du repas dans un parcours clair, structuré et coloré. Elle réutilise l’existant sans effacer la nouveauté de l’exposition. Elle permet aussi de proposer aux visiteurs une expérience différente, dans un lieu déjà familier pour une partie du public.

Ce projet montre l’intérêt d’une scénographie pensée avec le lieu, les contenus et les moyens disponibles. Une exposition temporaire peut être sobre dans ses ressources, mais ambitieuse dans son effet. Ici, la transformation passe par des choix précis : une nouvelle organisation en six parties, une ambiance colorée forte, une adaptation fine de l’existant et un dialogue continu entre le musée, les commissaires et l’agence.

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