avec Maud Joubay, responsable RSE chez Pavillon Prévoyance
À la rencontre de celles et ceux qui font la RSE au quotidien !
Avec Derrière la RSE – paroles d’engagement, Aggelos va à la rencontre de responsables RSE qui cherchent à faire tenir ensemble leurs convictions, les réalités économiques et une ambition d’impact durable.
Dans un contexte d’urgence écologique et sociale, les entreprises ne peuvent plus en rester aux intentions. Cette série d’entretiens met en lumière celles et ceux qui incarnent la responsabilité au quotidien.
➡️Derrière la RSE, paroles d’engagements
Chaque échange révèle une manière d’agir, une cohérence, une trajectoire singulière.
Avec Maud Joubay, responsable RSE chez Pavillon Prévoyance, la transition écologique ne se décrète pas, elle se tisse au quotidien à travers le lien social et l’engagement collectif. Une conversation sur la nécessité de donner du sens, l’importance de la co-construction et la conviction que la transformation d’une entreprise centenaire passe avant tout par l’humain.
Une mutuelle centenaire en pleine mutation
Eloi Choplin : Pourriez-vous nous présenter le périmètre d’activité de Pavillon Prévoyance ?
Maud Joubay : Pavillon Prévoyance est une mutuelle girondine de plus de 100 ans, issue d’une union de mutuelles communales. Face à l’évolution du marché avec l’Accord National Interprofessionnel (ANI), un élargissement de notre modèle vers une protection à 360° autour du dirigeant, de ses proches et de ses biens a donné naissance au Groupe Pavillon Prévoyance, dont les activités couvrent désormais outre la complémentaire santé, la prévoyance, l’épargne et la retraite pour les particuliers, les entreprises et les travailleurs indépendants :
- Le courtage en assurance IARD
- La gestion de patrimoine et l’accompagnement fusion acquisition
- L’immobilier à travers la rénovation, gestion locative et requalification de fonciers
- L’évènementiel avec le château Grand Arnaud à Carignan-de-Bordeaux
Un parcours RH au service du sens
Eloi Choplin : Quel cheminement vous a menée à prendre en charge ces enjeux de transition ?
Maud Joubay : J’ai travaillé durant 15 ans dans les Ressources Humaines, notamment sur les relations sociales à Paris. Suite à la crise du Covid, j’ai ressenti le besoin de retrouver du sens face à une pratique devenue trop administrative et juridique. J’ai repris un master en transition écologique et solidaire pendant deux ans, avec des expériences dans la gestion des déchets et l’accompagnement de créateurs d’entreprises à impact. Ma compréhension du fonctionnement économique m’évite aujourd’hui de détacher la RSE des enjeux du modèle économique. La RSE doit s’ancrer dans la réalité de l’organisation : pour pouvoir déployer de nouvelles solutions, il faut partir des ressources existantes et de ce que notre activité et nos revenus rendent possible
Le déclic de la Convention des Entreprises pour le Climat (CEC)
Eloi Choplin : Où en était la démarche RSE de Pavillon Prévoyance lors de votre arrivée ?
Maud Joubay : Une première feuille de route existait, principalement axée sur le réglementaire comme la gestion des déchets ou les risques professionnels. La prise en compte des enjeux sociaux tels que l’accès aux soins ou la solidarité font depuis longtemps partie de notre ADN.Le véritable sursaut climatique et environnemental a été provoqué par la participation de notre direction générale à la CEC en 2023-2024. Parallèlement, l’anticipation de la CSRD a imposé le besoin d’une ressource dédiée pour piloter la conduite du changement et le reporting. Dans le secteur de la santé, nous savons qu’anticiper par la prévention finit toujours par payer.
10 engagements pour une transition concrète
Eloi Choplin : Comment se structure concrètement votre stratégie aujourd’hui ?
Maud Joubay : Nous avons défini une stratégie RSE articulée autour de 3 piliers et 10 engagements. Elle s’incarne notamment à travers plusieurs leviers :
- La montée en compétence : Un parcours e-learning ludique de 7 minutes par mois pour l’ensemble des salariés.
- Le soutien au commerce : j’interviens auprès des forces de vente pour répondre aux questions des adhérents et éviter tout risque de greenwashing.
- Le reporting volontaire : nous réalisons un rapport annuel sur le périmètre Groupe basé sur la version simplifiée (VSME) pour structurer notre collecte de données.
- L’intégration opérationnelle : ma présence en amont des projets, comme la refonte du site internet de Pavillon Prévoyance ou le comité produit.
Mobiliser par le collectif et la co-construction
Eloi Choplin : Comment parvenez-vous à engager durablement les collaborateurs ?
Maud Joubay : Nous avons créé une communauté d’ambassadeurs réunissant des volontaires au sein du Groupe Pavillon Prévoyance. Le succès repose sur la transversalité : nous avons créé des groupes de travail où les salariés de Pavillon Prévoyance choisissaient leurs thématiques, comme l’amélioration de la santé des adhérents. Ces moments ont permis aux équipes de mieux se connaître, de résoudre des problèmes de flux internes et même de se révéler devant la direction via des présentations originales ou des scénettes.
Créer du lien plutôt que de la contrainte
Eloi Choplin : Comment gérez-vous les freins ou la lassitude face aux sujets climatiques ?
Maud Joubay : Dans un contexte de charge de travail élevée, certains collaborateurs se coupent de l’actualité mondiale pour se protéger. Ils peuvent voir la RSE comme une sanction ou un sujet lourd. Pour garder la pêche, ma priorité est de créer du lien. Je m’appuie sur mon expérience chez American Express pour construire mon réseau de manière informelle. Je mise sur la proximité : discuter autour d’une chicorée, organiser des dégustations d’alternatives (comme le café de sarrasin !) ou des déjeuners thématiques. Mon but est que ces sujets soient tellement intégrés que ma fonction n’ait plus besoin d’exister
« Mon but ultime est que ma fonction n’ait plus besoin d’exister«
Le mot de l’intervieweur
En transformant des enjeux complexes en projets collectifs et joyeux, Maud démontre que la réussite d’une stratégie RSE ne réside pas seulement dans les indicateurs de reporting, mais avant tout dans la qualité des liens tissés entre les collaborateurs. Une approche par la « chicorée » qui prouve que la transition est avant tout une aventure humaine.